CP 02866 Bernard Grasset à Marcel Proust 24 mai [1913]

24 Mai
Marcel Proust
102 Bd Haussmann
Cher Monsieur,
Jʼai bien reçu votre lettre et vos épreuves1 ; il est
vrai que mon imprimeur aura à
exercer son ingéniosité dans lʼé-
tablissement de vos nouvelles
épreuves. Jʼai rapidement par-
couru vos corrections ; elles
transforment à tel point votre
texte primitif que pour de nombreuses parties, il
sera plus
simple de recomposer entièrement le texte, sans tenir compte
des
premières épreuves, que dʼutiliser les quelques membres
de phrase qui seuls
subsistent. Quant aux parties où les cor-
rections sont un peu moins
nombreuses, on pourra utiliser la
composition première, en se bornant à
effectuer ces correc-
tions.
Je vous remercie de tout cœur de mʼoffrir de sup-
porter vous-même les frais ces corrections ; je nʼavais en
effet pas prévu
quʼelles pussent être si nombreuses, et trans-
former autant le
texte primitif, et suis vraiment heureux que
vous me mettiez à lʼaise à ce
sujet. Je ne saurais exacte-
ment le prix de cette transformation
que lorsque lʼimprimeur
aura établi les secondes épreuves, mais je crains bien
que
nous atteignions un supplément de frais de quatre ou cinq cents
francs2. Dans tous les cas, cette nouvelle composition va être
faite avec un très grand soin, et je vous en enverrai les é-
preuves dès quʼelles seront établies. Je crois quʼil serait
bon que sur les secondes épreuves, vous vous borniez à vérifier
que vos premières corrections ont bien été effectuées, et que
vous nʼen ajoutiez pas de nouvelles, car sans cela nous nʼarri-
verions jamais.
Excusez, cher Monsieur, la liberté
avec laquelle je vous parle, mais nos deux intérêts coïncident, et je suis vrai-
ment très désireux de me dévouer à ce livre qui mʼinspire la
plus vive admiration.
Veuillez croire, cher Monsieur, à mes sentiments
les
meilleurs et les plus dévoués.
B.Grasset
24 Mai
102 Boulevard Haussmann
Cher Monsieur,
Jʼai bien reçu votre lettre et vos épreuves1 ; il est vrai que mon imprimeur aura à exercer son ingéniosité dans lʼétablissement de vos nouvelles épreuves. Jʼai rapidement parcouru vos corrections ; elles transforment à tel point votre texte primitif que pour de nombreuses parties, il sera plus simple de recomposer entièrement le texte, sans tenir compte des premières épreuves, que dʼutiliser les quelques membres de phrase qui seuls subsistent. Quant aux parties où les corrections sont un peu moins nombreuses, on pourra utiliser la composition première, en se bornant à effectuer ces corrections.
Je vous remercie de tout cœur de mʼoffrir de supporter vous-même les frais ces corrections ; je nʼavais en effet pas prévu quʼelles pussent être si nombreuses, et transformer autant le texte primitif, et suis vraiment heureux que vous me mettiez à lʼaise à ce sujet. Je ne saurais exactement le prix de cette transformation que lorsque lʼimprimeur aura établi les secondes épreuves, mais je crains bien que nous atteignions un supplément de frais de quatre ou cinq cents francs2. Dans tous les cas, cette nouvelle composition va être faite avec un très grand soin, et je vous en enverrai les épreuves dès quʼelles seront établies. Je crois quʼil serait bon que sur les secondes épreuves, vous vous borniez à vérifier que vos premières corrections ont bien été effectuées, et que vous nʼen ajoutiez pas de nouvelles, car sans cela nous nʼarriverions jamais.
Excusez, cher Monsieur, la liberté avec laquelle je vous parle, mais nos deux intérêts coïncident, et je suis vraiment très désireux de me dévouer à ce livre qui mʼinspire la plus vive admiration.
Veuillez croire, cher Monsieur, à mes sentiments les meilleurs et les plus dévoués.
B.Grasset
Date de la dernière mise à jour : July 12, 2024 12:06

24 Mai
Marcel Proust
102 Bd Haussmann
Cher Monsieur,
Jʼai bien reçu votre lettre et vos épreuves1 ; il est
vrai que mon imprimeur aura à
exercer son ingéniosité dans lʼé-
tablissement de vos nouvelles
épreuves. Jʼai rapidement par-
couru vos corrections ; elles
transforment à tel point votre
texte primitif que pour de nombreuses parties, il
sera plus
simple de recomposer entièrement le texte, sans tenir compte
des
premières épreuves, que dʼutiliser les quelques membres
de phrase qui seuls
subsistent. Quant aux parties où les cor-
rections sont un peu moins
nombreuses, on pourra utiliser la
composition première, en se bornant à
effectuer ces correc-
tions.
Je vous remercie de tout cœur de mʼoffrir de sup-
porter vous-même les frais ces corrections ; je nʼavais en
effet pas prévu
quʼelles pussent être si nombreuses, et trans-
former autant le
texte primitif, et suis vraiment heureux que
vous me mettiez à lʼaise à ce
sujet. Je ne saurais exacte-
ment le prix de cette transformation
que lorsque lʼimprimeur
aura établi les secondes épreuves, mais je crains bien
que
nous atteignions un supplément de frais de quatre ou cinq cents
francs2. Dans tous les cas, cette nouvelle composition va être
faite avec un très grand soin, et je vous en enverrai les é-
preuves dès quʼelles seront établies. Je crois quʼil serait
bon que sur les secondes épreuves, vous vous borniez à vérifier
que vos premières corrections ont bien été effectuées, et que
vous nʼen ajoutiez pas de nouvelles, car sans cela nous nʼarri-
verions jamais.
Excusez, cher Monsieur, la liberté
avec laquelle je vous parle, mais nos deux intérêts coïncident, et je suis vrai-
ment très désireux de me dévouer à ce livre qui mʼinspire la
plus vive admiration.
Veuillez croire, cher Monsieur, à mes sentiments
les
meilleurs et les plus dévoués.
B.Grasset
24 Mai
102 Boulevard Haussmann
Cher Monsieur,
Jʼai bien reçu votre lettre et vos épreuves1 ; il est vrai que mon imprimeur aura à exercer son ingéniosité dans lʼétablissement de vos nouvelles épreuves. Jʼai rapidement parcouru vos corrections ; elles transforment à tel point votre texte primitif que pour de nombreuses parties, il sera plus simple de recomposer entièrement le texte, sans tenir compte des premières épreuves, que dʼutiliser les quelques membres de phrase qui seuls subsistent. Quant aux parties où les corrections sont un peu moins nombreuses, on pourra utiliser la composition première, en se bornant à effectuer ces corrections.
Je vous remercie de tout cœur de mʼoffrir de supporter vous-même les frais ces corrections ; je nʼavais en effet pas prévu quʼelles pussent être si nombreuses, et transformer autant le texte primitif, et suis vraiment heureux que vous me mettiez à lʼaise à ce sujet. Je ne saurais exactement le prix de cette transformation que lorsque lʼimprimeur aura établi les secondes épreuves, mais je crains bien que nous atteignions un supplément de frais de quatre ou cinq cents francs2. Dans tous les cas, cette nouvelle composition va être faite avec un très grand soin, et je vous en enverrai les épreuves dès quʼelles seront établies. Je crois quʼil serait bon que sur les secondes épreuves, vous vous borniez à vérifier que vos premières corrections ont bien été effectuées, et que vous nʼen ajoutiez pas de nouvelles, car sans cela nous nʼarriverions jamais.
Excusez, cher Monsieur, la liberté avec laquelle je vous parle, mais nos deux intérêts coïncident, et je suis vraiment très désireux de me dévouer à ce livre qui mʼinspire la plus vive admiration.
Veuillez croire, cher Monsieur, à mes sentiments les meilleurs et les plus dévoués.
B.Grasset
Date de la dernière mise à jour : July 12, 2024 12:06
Lettre 02866
Informations
creation : June 28, 2023 10:01
mise à jour : July 12, 2024 12:06
publiée ? oui
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